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Cahiers de doléances : que va changer la “dérogation généralisée”?

Le 25 avril 2025, un arrêté du ministère de la culture a simplifié l’obtention de dérogation pour consulter les cahiers de doléances et cahiers citoyens du Grand débat national. Qu’est-ce que cela va changer pour le public?

La radio publique France info m’a sollicitée pour donner quelques explications.

Il faut toutefois dissiper une erreur : les cahiers originaux sont librement accessibles depuis avril 2019 dans la plupart des centres d’archives. L’arrêté du 25 avril ne changera les choses que pour les Alpes maritimes, où l’intégralité du fond était consultable sur dérogation et pour les fichiers numérisés déposés aux Archives nationales.

Quelle est l’orientation politique majoritaire dans ces cahiers ?

Dans les premières analyses des textes, menées en Gironde, dans la Creuse, en Charente Maritime et par mes collègues à l’échelle nationale, on dégage deux grandes thématiques : la démocratie et la justice sociale. Cela correspond à la citoyenneté civique et politique d’une part, et à la citoyenneté sociale, d’autre part.

Cet exercice de transparence qui est risqué ?

Ce qui distingue les régimes démocratiques libéraux des régimes autoritaires ou de l’Ancien régime, c’est d’une part l’exercice de la souveraineté par les citoyennes et citoyens, et d’autre part, la transparence, par opposition à une politique discrétionnaire. Outre que la mise à disposition du public était une promesse du Président de la République lors de l’annonce du Grand débat national, elle participe de la démocratie;

Faciliter l’accès aux Cahiers de doléances s’inscrit ainsi dans une logique démocratique de publicisation. Mais cela doit se faire en préservant la vie privée et en protégeant les données personnelles des personnes qui se sont exprimées. Toutes n’ont pas donné leur consentement pour que leur propos soit exposé au public et soit médiatisé. Cela pose de grandes difficultés à l’heure des réseaux sociaux.

Faut-il s’armer de patience pour consulter les Cahiers de doléances et Cahiers citoyens?

Si on veut consulter les originaux, il faut se rendre dans les centres d’archives départementales. En général, les Archives départementales se trouvent dans la préfecture du département – sauf dans les Pyrénées atlantique où il y a un centre à Pau et un à Bayonne.

Il suffit d’une carte ou d’un document d’identité pour accéder aux archives. Afin de protéger les documents des vols et de dégradations, on vous demandera de laisser les stylos, ciseaux, housses d’ordinateurs dans le vestiaire. Il va de soi qu’on ne mange ni ne boit en salle de lecture.

Ensuite, dans la salle de consultation, une personne – la présidence de salle – vous aidera dans vos recherches et vous montrera comment demander les documents. Il faudra identifier leur côte (le numéro de classement, car les documents sont rangés selon une logique précise) et la demander. Des agents en magasin apporteront ensuite les liasses qui sont distribuées une par une pour ne pas mélanger les documents.

Cette carte interactive élaborée par la Société des archivistes français est là pour vous aider :

pour en savoir plus: https://www.archivistes.org/Liste-des-versements-des-cahiers-citoyens-conserves-par-les-differents-services-5844

Comment accéder aux numérisations des cahiers ?

A la suite d’un processus complexe, témoignant d’une certaine précipitation, les fichiers numériques des copies des cahiers de doléances ont été déposés aux Archives nationales de France. Ils ont été soigneusement classés et inventoriés.

https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/web/guest/archives-du-grand-debat-national

La numérisation s’est faite dans les préfectures puis par des prestataires, avant même que des archivistes puissent établir le risque pour la vie privée et pour les données personnelles. Il n’est donc pas possible de retracer, pour chaque doléance, le consentement de l’autrice ou de l’auteur à la consultation publique. Dans ce cas, l’entièreté du fond est accessible sur dérogation.

L’arrêté du 25 avril 2025 prévoit que celle-ci sera accordée de manière générale. Mais techniquement, cela suppose que les documents aient été anonymisés. Imaginons qu’un propos tombe sous le coup de la loi, qu’une personne ait changé d’avis, qu’un propos ait été licite en 2019 mais ne le soit plus en 2026…Vous-même, consentiriez vous à ce que votre employeur, vos collègues, votre entourage puisse consulter voire publier vos opinions? C’est parce que ces situations posent des questions de respect de vie privée et de données personnelles que le Code du patrimoine comme le Règlement général pour la protection des données personnelles définissent les modalités d’accès consultation et de publication des doléances.

Il ne suffit pas pour protéger les données personnelles et la vie privée de masquer les données directement identifiantes (nom, adresse, coordonnées). Avec les possibilités de calcul et de recoupement des données de “l’intelligence artificielle”, on peut identifier une personne beaucoup plus facilement. Aussi, les scientifiques proposent une double technique, avec une “k-anonymisation” : on va regrouper les doléances d’une zone géographiques suffisamment grande pour avoir un nombre “k” rendant impossible l’identification de l’autrice ou de l’auteur.

Que faire des cahiers de doléances?

La richesse des registres de doléances, leur variété et leur nombre posent de nombreuses questions. Comment en faire la synthèse? En quoi cela peut être utile? Les équipes de recherche publique réunies dans le “réseau doléances” travaille avec les collectifs citoyens et l’Association nationale des tiers lieux pour proposer des ateliers de formation à la science participative. Un premier atelier a eu lieu le 31 mars à Sciences Po Bordeaux. La participation était gratuite et la prise en charge du transport est proposée pour faciliter la venue du public (via des financements de la Fondation de France et de l’Association nationale des Tiers-Lieux).

Vous retrouverez un tutoriel avec toutes les indications pour consulter, dépouiller et étudier les cahiers prochainement!

Festival du film “La classe ouvrière, c’est pas du cinéma” Cinéma Utopia – Bordeaux

Vendredi 21 février, 9h30 : Filmer le territoire : le regard d’une jeune génération de cinéastes

Lieu: Auditorium – Bibliothèque municipale de Bordeaux Mériadeck.

Table-ronde “Décentraliser. Le territoire français dans l’oeil de la jeune génération”
Journée proposée en collaboration avec l’ACID

Dans le cadre de cette table ronde, j’évoquerai les résultats des enquêtes menées dans le cadre du projet de recherche ANR GILETSJAUNES, aux côtés de la réalisatrice Hélène Milano, des réalisateurs Martin Jauvat et Pascal Tagnati, et des chercheurs Samuel Noguera (sous réserve)

‘Gilets jaunes’: les cahiers de doléances, mine d’informations

Bordennet, Camille, « ‘Gilets jaunes’: les cahiers de doléances, mine d’informations », Le Monde, 19 janvier 2024, p.10 (extraits d’entretien)

Cinq ans après les annonces présidentielles tentant de canaliser la colère des Gilets jaunes et de calmer l’inquiétude de son électorat, cet article met en lumière les recherches menées sur les cahiers de doléances. En Gironde, je fus sollicitée par Marcel Guilhembet, Gilet jaunes et membre d’On-the-Ric, qui se demandait où étaient les cahiers de doléances. Accessibles aux archives départementales, nous les avons dépouillés, numérisés, transcrits et analysés avec l’aide de Nicolas Patin, mon collègue historien de l’Université Bordeaux Montaigne, Stéphane, Danielle et Gilbert, ainsi que Marcel plus ponctuellement.

Pour accéder à l’article du monde, cliquer ici ou là

https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/01/18/les-milliers-de-cahiers-de-doleances-une-mine-pour-les-chercheurs-cinq-ans-apres-les-gilets-jaunes_6211449_3224.html

“Dix ans après la Manif pour tous, où en sont les contestations conservatrices en France et en Italie”

Lieu et horaire: Jeudi 23 novembre 2023, 16h30-18h30, Amphithéâtre Denucé, faculté de sociologie, 1, place de la Victoire Bordeaux.

Cette table ronde fait le point, 10 ans après la protestation contre le mariage civil pour les couples de même sexe sur ce qu’on a appelé “la Manif pour tous”. Constituée de différents groupes qui se coalisent en opposition aux politiques publiques d’égalité de genre, ces mobilisations conservatrices ont marqué les années 2012-2014 par leur visibilité. Un peu plus de 10 ans après les premiers cortèges des 17 et 18 novembre 2012, la table ronde fait le point sur leur forme, leur évolution et leurs effets sur le champ politique. 

Quelles furent les conséquences du point de vue politique de cette protestation qui a marqué les années 2012-2014? Est-ce que le point d’équilibre au sein du vote catholique a été déplacé ? A travers les enquêtes qualitatives menées en France et en Italie, cette table ronde offre des éclairages sur les effets de la contestation. Il en ressort que pour bon nombre de catholiques qui s’y engagèrent, ce fut un événement en termes de socialisation comparables aux effets de l’engagement en Mai 68, avec des effets sur les engagements individuels mais aussi sur les partis politiques.

Introduction, Yves Déloye, Professeur de Science politique à l’IEP de Bordeaux, auteur de “Les Voix de Dieu” sur la politisation par le clergé au XIXe siècle en France, présente la table ronde qui réunit celles et ceux qui ont travaillé sur la contestation de la Manif pour Tous en France et en Italie.

  • Céline Béraud, Directrice d’études à l’EHESS, autrice de “La bataille du genre: du mariage pour tous à la PMA” (2021) et avec Philippe Portier de Métamorphoses catholiques: acteurs, enjeux et mobilisations depuis le mariage pour tous (2015); 
  • Yann Raison du Cleuziou, Professeur de sociologie Université de Bordeaux – Institut de recherche Montesquieu, auteur de “Une contre-révolution catholique: aux origines de La Manif pour tous”;
  • Massimo Prearo, Chercheur en science politique à  l’Università degli studi de Vérone (Italie), Directeur du centre de recherche Politesse et membre associé au Centre Émile Durkheim, auteur de La croisade « anti-genre » : Du Vatican aux manifs pour tous avec Sara Garbagnoli (2017) et L’hypothèse néocatholique : mouvement, mobilisations et politiques anti-genre en Italie (2023);
  • Magali Della Sudda, Chercheuse en science politique au Centre Emile Durkheim, Institut d’études politiques de Bordeaux, autrice des Nouvelles femmes de droite (2021). Convergence entre le militantisme féminin catholique, et la situation plus contemporaine.

“Les femmes, grandes oubliées de l’histoire”

Article et entretien réalisés par Maud Rieu

https://www.sudouest.fr/societe/egalite-femmes-hommes/les-femmes-grandes-oubliees-de-l-histoire-9444541.php?utm_source=fid&utm_campaign=MonAlerteAboDossierRedac&utm_medium=email

Dans cet entretien, j’ai évoqué la manière dont les femmes ont fait irruption comme sujet d’histoire durant les dernières décennies du XXe siècle. A partir des années 1970, pour des raisons socio-culturelles et structurelles, de jeunes femmes, historiennes et sociologues notamment, ont renouvelé les sujets et méthodes de leur discipline pour mieux prendre en compte les silences et impensés. Parmi elles, Michelle Perrot, Rolande Trempé ou Madeleine Rébérioux qui sont évoquées dans cet article.

“Derrière le ‘féminisme’ d’extrême-droite” un entretien pour l’Humanité

par Lola Ruscio, journaliste à l’Humanité

Idéologie Magali Della Sudda a enquêté sur ces militantes qui s’autoproclament défenseuses de la cause des femmes pour mieux vanter la « race blanche » et stigmatiser les étrangers. Publié leJeudi 17 Février 2022

La suite de l’article ici : https://www.humanite.fr/politique/extreme-droite/derriere-le-feminisme-dextreme-droite-entretien-avec-magali-della-sudda

“Les transformations de l’exercice de l’autorité épiscopale dans l’Église catholique en France à la lumière de la condamnation de l’Action française”

Della Sudda Magali, « Les transformations de l’exercice de l’autorité épiscopale dans l’Église catholique en France à la lumière de la condamnation de l’Action française », Genèses, 2012/3 (n° 88), p. 68-88.

Conseil central de la Ligue patriotique des Françaises, 1927, Archives de l’Action catholique des femmes (H402)

Résumé: Cet article revient sur les transformations de l’exercice de l’autorité religieuse dans l’Église catholique de France lors de la condamnation de l’Action française en 1926. Le contexte dans lequel la condamnation prend place est celui d’une évolution centralisatrice du pouvoir dans l’Église au profit de la curie romaine. Le rôle inédit joué par le pape mais aussi l’explicitation des attentes du centre romain vis-à-vis des évêques de France chargés de faire appliquer les sanctions ont laissé des traces de la transformation de l’exercice de l’autorité religieuse épiscopale.

Summary: This article re-examines the changes in the exercise of religious authority in the Catholic Church in France in the light of the condemnation of l’Action Française in 1926. The condemnation took place in the context of a centralizing evolution in church authority in favor of the Roman Curie. The new role played by the pope as well as Rome’s explicit expectations of French bishops in charge of applying sanctions left traces of the transformation in the exercise of Episcopal religious authority.

Article en français: http://URL : https://www.cairn.info/revue-geneses-2012-3-page-68.htm

Les femmes voient jaune

Cet article est paru en libre accès sur Libération (site web) mercredi 6 novembre 2019 – 160 mots

Entretien réalisé par Léa Mormin-Chauvac

«45% de femmes ont participé à la mobilisation des gilets jaunes» explique l’historienne Magali Della Sudda, qui a travaillé sur le mouvement dès ses débuts.

«Sur les ronds-points, on a souvent vu des mères célibataires, rappelant les figures de femmes luttant pour avoir du pain, la justice sociale et les libertés au XVIIIe siècle. Ce sont les émeutières de 1848, de 1830… Mais au-delà du symbole historique, c’est la difficulté de leur quotidien qui les a poussées à occuper des ronds-points. Elles exercent souvent des professions emblématiques des difficultés sociales, les métiers du soin, largement féminisés: aides à domicile, infirmières, aides-soignantes, agentes dans les écoles. Elles sont les premières touchées par les réformes de l’État-providence entamées depuis vingt ans. Quand l’État se retire, elles sont aux premières loges : les familles doivent suppléer, mais elles ne le peuvent plus.»

Extrait d’«L», notre newsletter féminisme, genre et sexualités à découvrir gratuitement en vous inscrivant sur Libe.fr Cet article est paru dans Libération (site web)

«Quand l’Etat se retire, les mères sont aux premières loges»

Intégralité de l’entretien réalisé par Léa Mormin-Chauvac, Libération, 12 novembre 2019.

L’historienne et politiste Magali Della Sudda, qui mène avec d’autres chercheurs une enquête sur les gilets jaunes, commente la place des femmes dans le mouvement et leur positionnement vis-à-vis des féministes.

La présence des femmes dans le mouvement des gilets jaunes s’explique notamment par la forte féminisation des professions emblématiques des difficultés sociales, selon la chercheuse Magali Della Sudda. Cette historienne et politiste au centre Emile-Durkheim, à Bordeaux, a co-initié il y a un an un projet de recherche pour analyser le mouvement des gilets jaunes dès ses débuts. Plus de soixante-dix chercheurs dans la France entière y collaborent.

A lire aussi Gilets jaunes, un an après : les femmes mettent les ronds-points sur les «i»

Métiers emblématiques. «45 % de femmes ont participé à la mobilisation des gilets jaunes, selon les résultats de notre enquête, menée dès novembre 2018. On retrouve cette même proportion féminine dans les manifestations de 1995 contre la réforme des retraites ou, à l’opposé du champ politique, lors de la Manif pour tous en 2012-2013. Le mouvement a rassemblé des professions emblématiques des difficultés sociales, les métiers du soin, exercés principalement par les femmes : aides à domicile, infirmières, aides-soignantes, agentes dans les écoles.»

Femmes du peuple. «Sur les ronds-points, on a aussi vu des mères célibataires, rappelant les figures maternelles de femmes luttant pour avoir du pain, la justice sociale et les libertés au XIXe siècle. Ce sont les émeutières de 1830, de 1848… Ces combats de femmes du peuple font écho à la difficulté de vivre des mères mobilisées au sein des gilets jaunes. L’absence de porte-parole a poussé les médias à tourner leur regard vers ces participantes ordinaires. Au-delà du symbole historique, c’est la difficulté de leur quotidien qui les a poussées à occuper des ronds-points. La majorité d’entre elles n’ont pas les conditions d’existence suffisantes pour vivre décemment. Elles sont les premières victimes, les premières touchées par les réformes de l’Etat-providence entamées depuis vingt ans. Quand l’Etat se retire, elles sont aux premières loges : les familles doivent suppléer, mais elles ne le peuvent plus.»

Jonction avec les féministes. «Les tentatives de rassemblement entre féministes et gilets jaunes n’ont pas toujours abouti. Il y a eu des marches de femmes, des cortèges séparés à Bordeaux, à Paris. Le jour de la manifestation pour le droit à l’avortement du 28 septembre, certains gilets jaunes ne comprenaient pas pourquoi ces militantes étaient là. Parfois, cela a été l’inverse : le 24 novembre 2018, l’acte II des gilets jaunes a croisé la manifestation contre les violences faites aux femmes. Des manifestantes de ce cortège étaient également gilets jaunes. Et à Montpellier, les gilets jaunes ont fait une haie d’honneur aux militantes féministes.

«Depuis quelque temps, j’observe une jonction entre les deux mouvements : la question des féminicides a été remise à l’agenda par des collectifs féministes qui manifestent tous les samedis en même temps que les gilets jaunes. Il y a quelques semaines, la manifestation des femmes à Bordeaux a pris la tête du cortège des gilets jaunes, et des gilets jaunes étaient présents lors d’une performance pour dénoncer le silence à propos des féminicides. Quelque chose se passe, même si ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais le mouvement des gilets jaunes transcende les identités particulières. Quand les manifestantes portent la chasuble, elles ne sont pas là en tant que femmes, même si c’est le seul groupe avec une identité singulière.»

 

Les “Gilets jaunes” n’ont-ils plus rien à dire?

18h20 France Culture : Mme Magali DELLA SUDDA, chargée de recherche au CNRS, M. Olivier FILLIEULE, professeur de sociologie politique à l’Université de Lausanne, Mme Aline LECLERC, reporter au service politique du Monde (“Du grain à moudre” : “Gilets jaunes : qu’ont-ils encore à nous dire ?”)

Ils étaient 280 000 le 17 novembre dernier. Sept mois plus tard, les “gilets jaunes” ne sont plus que 7 000. Comment ont évolué leurs revendications ? Quel regard portent-ils aujourd’hui sur la mobilisation ? Comment voient-ils la suite ?

Des Gilets jaunes à Marseille, le 12 janvier 2019
Des Gilets jaunes à Marseille, le 12 janvier 2019• Crédits : Boris HORVATAFP

Ils étaient 280 000 le 17 novembre dernier. Plus que 7 000 avant-hier. En sept mois, la mobilisation des “gilets jaunes” a été divisée par 40. Chaque samedi enregistre désormais une moindre participation que le précédent. Est-ce à dire pour autant que cette mobilisation, d’une ampleur et d’une durée inédites, appartient au passé ?

Les résultats des européennes le laissent penser. Les listes qui affichaient leur appartenance aux “gilets jaunes” n’ont pas dépassé les 1% des suffrages. Signe, selon certains observateurs, d’un décalage entre la médiatisation de ce mouvement et la réalité de son ancrage.

Il serait pourtant périlleux de détourner trop vite le regard, tant ce mouvement a imprégné l’actualité politique et sociale de ces derniers mois. A son apogée, le soutien aux “gilets jaunes” était très largement majoritaire dans l’opinion. Il a obligé le pouvoir exécutif à réagir, sur le fond et sur la forme.

Quant à la participation aux actions (manifs du samedi, occupation des ronds-points), elle a transformé celles et ceux qui y ont participé. Et qui continuent, autrement, à se mobiliser.

« A quoi les Gilets jaunes sont-ils réduits ? »

Articles :

“Qu’espèrent les derniers Gilets jaunes ?”, Le Républicain Lorrain, le 17/06/2019

[abonnés] “« Gilets jaunes » : après six mois de contestation, l’heure du découragement”, Le Monde, le 17/05/2019

“Dans la Meuse, une assemblée de « gilets jaunes » de toute la France propose un appel commun”, Le Monde, 27/01/2019

Analyses :

[abonnés] “« Gilets jaunes » : une enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »”, tribune d’un collectif de chercheurs (dont Magali Della Sudda) pour Le Monde, le 11/12/2018

[abonnés] “« Gilets jaunes » : moins mobilisés, toujours aussi visibles, 5 mois après, où en est le mouvement ?”, Le Monde, le 19/04/2019

[abonnés] Mediapart, “Gilets jaunes: la recherche aussi s’est mobilisée”, Mediapart, le 19/04/2019 

https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/du-grain-a-moudre-emission-du-lundi-17-juin-2019